Fils du pacha de Marrakech, Hassan El Glaoui vient de décéder à l'âge de 94 ans. Ce fut grâce à l'intervention de Winston Churchill qu'il partit à la fin des années 1940 étudier à l'École supérieure des beaux-arts à Paris, d’après Tahar Ben Jalloun dans le Point. Ben Jalloun a ajouté que sa peinture n'était ni académique ni folklorique comme certains l'avaient cataloguée. Elle est d'une belle modernité.
Il est une évidence splendide et lumineuse dans l'œuvre de Hassan El Glaoui. L'art de peindre est chez lui une manière élégante de prendre de la distance et de se décaler par rapport au réel. Il le contourne en passant de l'autre côté des apparences.
Il ne peint pas des chevaux (beaucoup de collectionneurs ne le connaissent que par ce thème); mais leurs mouvements, leur magie. Il ne peint pas des hommes en burnous mais des ombres et des silences, des attitudes et une époque. Cet homme discret est un aristocrate de l'ellipse; les couleurs tracées par une main légère transmettent un regard limpide, une vision intemporelle rendue aux subtilités du trait, à l'espace à peine esquissé où se meuvent des chevaux et des hommes qui ne sont pas forcément des cavaliers mais des suggestions pour que l'esprit rêve aux cavaliers juchés sur des chevaux ailés comme dans la mythologie.
Légère allégresse à peine caressée, l'œuvre, trace d'ardeur enchantée, nous enrobe comme si elle avait été créée pour subvenir à notre besoin du songe et d'émerveillement.
Cette peinture ne raconte pas, elle ne double pas la réalité, elle est silence et admiration de ce silence établis entre l'artiste et le monde.